mardi 17 juillet 2007
Le don d'ubiquité de Bernard Cazeau
Comme tous ceux qui ont signé la pétition pour demander une réouverture rapide de la Départementale 705 entre Saint-Pantaly d’Excideuil et Coulaures, j’ai été l'heureux destinataire d’un courrier émanant de Bernard Cazeau. Bien que ce courrier soit daté du 9 juillet, il n’a apparemment été posté que le 13 juillet (il faudrait peut-être voir à raccourcir les circuits au sein de l'administration du Département) et reçu trois jours plus tard. Dans cette correspondance, le Président du Conseil Général de la Dordogne accuse les pétitionnaires d’avoir usé de termes "inexacts et polémiques" et il se livre à une énumération chronologique des actions menées, actions auxquelles il n’hésite pas à associer Henri Faure (pourtant particulièrement absent dans cette affaire) et Jean-Claude Pinault, respectivement Conseillers Généraux des cantons d’Excideuil et de Savignac Les Eglises (le Président Cazeau vient certainement de se rappeler que les élections cantonales de mars 2008 commençaient à pointer leur nez…).
Mais puisque Monsieur Cazeau est un adepte de la précision, je pense qu’il convient d’aller jusqu’au bout de sa démarche et de lever quelques incohérences. En effet, concernant les termes de la pétition, il paraît particulièrement déplacé de qualifier de "polémique" l’appel des habitants et commerçants d’Excideuil qui, en hommes et femmes responsables, ont voulu alerter la collectivité, en l’occurrence le Conseil Général, qui avait en charge la réparation des infrastructures routières. Au delà des tracas quotidiens que subissent les habitants qui doivent faire un détour de plus de dix kilomètres pour rattraper la route de Périgueux, c'est l'économie locale qui est en danger en cette saison touristique déjà bien morose d'un point de vue météorologique.
Par ailleurs, il apparaît que dans sa subite envie de communication écrite, Bernard Cazeau, Président du Conseil Général de la Dordogne contredit Bernard Cazeau, Sénateur de la Dordogne. Et oui, cet homme possède un don de dédoublement étonnant. Ainsi, peut on lire sur son blog, dans un article mis en ligne le 18 juin dernier, que le Sénateur Cazeau a obtenu du Conseil Général, le déblocage de deux millions d’euros. On ne peut qu’applaudir cette intervention couronnée de succès et on imagine les âpres négociations qui ont du se nouer entre Bernard Cazeau, le Sénateur et Bernard Cazeau, le Président de l’exécutif départemental… Sans oublier que dans son courrier, Bernard Cazeau (celui du Conseil Général) écrit que l’aide exceptionnelle à hauteur de 2 millions d’euros a été votée en séance plénière le 21 juin 2007… soit trois jours après que Bernard Cazeau (celui du Sénat) n’en fasse l’annonce, pourtant officielle, sur son blog.
Pour éviter la polémique que ne supporte pas Monsieur Cazeau, je conclurai juste, pour ma part, en saluant l’initiative des habitants et commerçants d’Excideuil. Car je ne suis pas certain que sans cette nécessaire pression à l’encontre des décisionnaires du département, les travaux auraient été entrepris dès le 16 juillet pour se terminer (selon les termes du courrier du Conseil Général) sous trois semaines. D’ailleurs, le Sénateur Cazeau, toujours dans l’article qu’il avait publié le 18 juin sur son blog, et certainement après avoir recueilli les confidences du Président Cazeau, n’annonçait-il pas que les travaux, après expertise des dommages, dureraient deux mois… contre trois semaines dans la dernière missive du Président du Conseil Général ?… Il faudrait vraiment que le Sénateur et le Président du Conseil Général se concertent pour harmoniser leur communication.
Pascal BILLAT
PS : Au cas où vous ne pourriez accéder au blog du Sénateur Cazeau ou si l'article en question venait à être supprimé par inadvertance, vous en trouverez, ci-dessous, une reproduction fidèle... à classer dans la série "bêtisier".
lundi 2 juillet 2007
Conseil Général de la Dordogne : mauvaise foi ou incompétence ?
Dans le prolongement de la tribune publiée hier sur l’impéritie du Conseil Général de la Dordogne face aux difficultés que rencontrent les Excideuillais pour rejoindre la route de Périgueux, une nouvelle information m’est parvenue qui tend à confirmer que notre canton ne fait apparemment pas partie des priorités de l’action départementale.
Ainsi, à des habitants d’Excideuil qui l’ont directement interpellé pour lui faire part de leurs préoccupations, Michel Debet, 1er Vice-Président du Conseil Général et nouveau Député de la 3ème circonscription de la Dordogne, s’est réfugié derrière la législation pour justifier les délais de réfection de la RD 705 dont la réouverture à la circulation est annoncée pour le mois de septembre prochain. Ainsi, Monsieur Debet aurait indiqué à ses interlocuteurs que les obligations qui pesaient sur les collectivités locales en matière de marchés publics, ne permettaient pas d’envisager une réparation rapide des infrastructures routières entre Saint-Pantaly d’Excideuil et Coulaures. Chacun aura remarqué qu’il s’agit d’une technique déjà éprouvée, et couramment utilisée par l’exécutif socialiste du Conseil Général, pour reporter, sur d’autres, sa propre incapacité à prendre à bras le corps les dossiers sensibles de ce département. En effet, s’il est vrai que le législateur a encadré, au cours des dernières années, les procédures de passation de marchés publics, il a aussi prévu des dérogations pour les situations présentant un cas d’urgence. Il suffit de consulter le site institutionnel du Ministère de l’Economie et des Finances pour s’apercevoir que les inondations dramatiques qui sont à l’origine des désordres constatés sur la Départementale 705 permettent de qualifier "d’urgence impérieuse" la réparation de nos infrastructures routières. Ainsi, le code des marchés publics définit "l’urgence impérieuse" comme "résultant de circonstances imprévisibles pour le pouvoir adjudicateur et n’étant pas de son fait". Le Ministère cite d'ailleurs comme exemple d’urgence impérieuse, "les interventions nécessaires et faisant suite à une tempête, à la rupture d’une digue…" Ceux qui voudront vérifier ces dispositions de la loi pourront cliquer sur l’article reproduit ci-dessous pour se rendre directement sur la page du site du Minefi.
Alors de deux choses l’une, soit Monsieur Debet fait preuve d’une mauvaise foi manifeste, soit il vient d’être pris en flagrant délit d’incompétence notoire. Dans les deux cas, les Excideuillais apprécieront...
Pascal BILLAT
PS : Bien entendu, ce blog reste ouvert à Monsieur Debet s’il souhaite apporter un quelconque démenti à ce qui est écrit dans ce billet.
dimanche 1 juillet 2007
Le Conseil Général de la Dordogne reste sourd aux inquiétudes des Excideuillais
La colère gronde en pays d’Excideuil. Depuis les terribles évènements climatiques des 13 et 14 juin derniers et les dommages importants causés aux infrastructures routières par les débordements des rivières et ruisseaux, le trajet Excideuil – Périgueux est devenu un véritable chemin de croix pour les habitants du canton et pour les touristes qui commencent à affluer dans notre région. L’obstacle se situe entre Saint-Pantaly d’Excideuil et Coulaures où la chaussée et le pont ont été affectés par l’action dévastatrice de l’eau.
Pourtant, souvenez-vous : dès le lendemain des évènements, le Conseil Général de la Dordogne, à grands renforts de communiqués relayés par la presse quotidienne, annonçait le déblocage de fonds principalement destinés à la réfection du réseau routier... Comme s’il s’agissait d’un geste exceptionnel alors que, s’agissant de voies départementales, celles-ci entrent bien dans le champ de compétence du Conseil Général qui ne pouvait guère faire moins que d’en prévoir la réparation. Bien entendu, il n’aura échappé à personne que cette gesticulation médiatique intervenait à 48 heures du second tour des récentes élections législatives et que le candidat du Parti Socialiste n’était autre que le 1er Vice-Président du Conseil Général. Depuis, c’est silence radio et on apprend, ici ou là, que les travaux pourraient durer deux mois, voire trois mois, et que la circulation sera donc bloquée durant toute la partie estivale.
Sans vouloir polémiquer, cette situation m’amène, toutefois, à vous faire partager quelques réflexions.
Le Conseil Général, en ne cherchant pas à mettre en œuvre une solution alternative et temporaire pour rétablir la circulation sur la Départementale 705, vient de sacrifier la saison touristique sur le secteur d’Excideuil. Cette décision, au delà des tracas individuels qu’elle génère pour tous les habitants de ce territoire, fait peser un risque important sur l’activité économique locale. Le dernier marché, qui se tient tous les jeudis, a été marqué par une baisse sensible de la fréquentation et on comprend aisément l’inquiétude des commerçants excideuillais qui ne trouvent, au sein du Conseil Général, aucune écoute attentive pour prendre en considération leurs préoccupations légitimes.Comment imaginer, de nos jours, qu’aucune solution ne puisse être mise en œuvre pour permettre de rétablir, ne serait-ce que de façon provisoire, la circulation sur cette route si importante pour notre canton. La circulation alternée, comme elle a été mise en place à Saint-Germain des Prés, n’est-elle pas envisageable ? Le remblais qui a été endommagé ne peut-il pas être provisoirement renforcé et étayé ? Des glissières de sécurité ne peuvent-elles pas être installées temporairement pour sécuriser la circulation ?
Si, comme semble l’indiquer le Conseil Général de la Dordogne, le blocage total de la circulation est véritablement indispensable à la sécurité des conducteurs, pourquoi aucune communication n’a t-elle été organisée à destination des Excideuillais ? Personne n’a, semble t-il, jugé utile d’organiser une réunion publique pour expliquer les raisons de cette décision et pour annoncer la nature et le calendrier exact des travaux qui seront entrepris. Le Conseiller Général du canton d’Excideuil, lui-même et aussi affable soit-il, est aux abonnés absents et n’a pris aucune initiative pour rassurer ses concitoyens.
Pourtant, c’est lorsque de telles situations se présentent que l’action politique doit reprendre toute sa place au coeur de la vie quotidienne de nos concitoyens. Si le Conseiller Général n’est plus apporteur de solutions, s’il ne se positionne plus comme le lien nécessaire entre les attentes qu’expriment les Excideuillais et les instances de décision départementales, alors à quoi sert-il ? A ce niveau, les inaugurations officielles et la répartition des contrats d’objectifs ne peuvent être les seules motivations du mandat de Conseiller Général.
Alors, avec toute l’estime qui m’anime à l’endroit de notre Conseiller Général (je veux parler de l’homme et non pas des opinions politiques qu'il défend et que je ne partage pas, loin s’en faut), j’ai juste envie de lui dire : ne restez pas sourd aux inquiétudes de nos concitoyens et bougez vous un peu Monsieur le Conseiller Général !
Pascal BILLAT











