UMP 24 - Excideuil

Blog des militants et sympathisants de l'UMP sur le canton d'Excideuil (Dordogne).

lundi 24 mars 2008

Place à l'attentisme...

A l’occasion des élections municipales et cantonales, les électeurs du canton d’Excideuil se sont exprimés de façon quelque peu contradictoire. Ainsi, après avoir présidé pendant vingt ans aux destinées de notre canton (avec les résultats qu’on connaît…), Henri FAURE, fidèle militant du Parti Communiste, s’efface pour laisser la place à Rémy BERNIER, soutenu par le Parti Socialiste, et ce, au détriment (à notre grand regret) de nos candidats de l’UMP, Jean-Marie RAMBAUD et Monique MASSENAT. Dans le même temps, la liste menée par Annie SEDAN (PS) pour reprendre le flambeau d’Arnaud LE GUAY à la mairie d’Excideuil est battue à plate couture par celle emmenée par Serge MICOURAUD qui remporte onze des quinze sièges au sein du nouveau conseil municipal. Toutes nos félicitations à la nouvelle majorité municipale qui met ainsi fin à treize ans de dérives dans la gestion de notre chef-lieu de canton.

Jean_Marie_RAMBAUDMais parce qu’elle revêt une connotation plus politique, l’élection cantonale retient plus particulièrement mon attention. Il me semble, en premier lieu, nécessaire de saluer l’engagement de Jean-Marie RAMBAUD et Monique MASSENAT tout au long de cette campagne. Alors que le contexte national n’était pas particulièrement porteur et que de nombreux candidats ont préféré mettre leur drapeau dans la poche le temps de la campagne, ils n’ont pas hésité, pour leur part, à défendre nos valeurs et ont porté haut les couleurs de l’UMP sur ce territoire qui n’a jamais été une terre de prédilection pour notre famille politique. On notera, toutefois, qu’avec un score de 43% au soir du 16 mars, nos candidats ont progressé de dix points entre les deux tours de scrutin alors qu’un strict report des voix communistes aurait dû offrir un score de 67% au Parti Socialiste (Monsieur BERNIER a recueilli 57% des suffrages au second tour).

Ainsi, sociologiquement plutôt ancré à gauche, ce canton s’est logiquement donné à un candidat étiqueté « socialiste »… Logiquement, disais-je ?... C’est bien là que les premières interrogations apparaissent. Car l’adhésion de Monsieur BERNIER aux idées du Parti Socialiste semble bien récente pour ne pas apparaître comme un bel exemple d’opportunisme politique. S’il est vrai que Rémy BERNIER ne faisait pas mystère, depuis plusieurs années, de son intérêt pour le poste de Conseiller Général, il s’était bien gardé, jusqu’aux dernières élections législatives, d’afficher son ancrage politique personnel. D’ailleurs, lorsqu’il s’agissait de solliciter des interventions personnelles auprès des députés de l’UMP, en l’occurrence Frédéric de SAINT-SERNIN et Bernard MAZOUAUD, Monsieur BERNIER n’avait pas beaucoup d’états d’âme. Quant au programme du Parti Socialiste, tel que l’a défendu Ségolène ROYAL lors de l’élection présidentielle, il n’est pas certain qu’il soit appliqué à la lettre dans la politique sociale mise en œuvre par Monsieur BERNIER lorsqu’il endosse le costume de chef d’entreprise. Attention, ces propos n’ont pas vocation à dénigrer ou à réduire la réussite incontestable que représente l’aventure industrielle conduite par Monsieur BERNIER, il s’agit seulement de pointer les incohérences entre l’affichage de façade qui vise à séduire une certaine frange de l’électorat et la réalité des faits… et, comme on le sait, les faits sont têtus.

MorcelementMais au-delà de ces considérations que certains qualifieront de politiciennes, un autre motif d’inquiétude prévaut au terme de ce scrutin. Tous ceux qui ont assisté à des réunions publiques durant cette campagne savent que l’intercommunalité a été au centre des débats. Il faut rappeler que notre canton se distingue en Dordogne pour son immobilisme ou son éclatement en matière d’intercommunalité. Il faut dire que l’ancien Maire du chef-lieu de canton avait, par l’arrogance qu’il affichait vis-à-vis des autres maires de communes voisines, servi d’épouvantail et avait réussi à coaliser un front du refus face à toute forme de coopération intercommunale structurée. Et ce n’était pas le Conseiller Général de l’époque qui allait ouvrir une brèche dans ce front du refus puisqu’il avait affiché, depuis le début, son désaccord total pour toute construction intercommunale. Face à cette situation de blocage, la commune de Salagnac-Clairvivre avait décidé de s’associer à Juillac en Corrèze pendant que les communes de Saint-Germain des Prés, Saint-Pantaly d’Excideuil et Saint-Jory Lasbloux (dirgée par Monsieur BERNIER) intégraient la Communauté de Communes Causses et Rivières dont l’architecture géographique est orientée vers un axe Coulaures – Savignac les Eglises. Dès lors, le morcèlement du canton rendait impossible la constitution d’une intercommunalité homogène et respectueuse du territoire de vie de nos concitoyens. Alors, en quoi, me direz-vous, l’élection de Rémy BERNIER, constitue t’elle une nouvelle entrave à la naissance de tout projet intercommunal cohérent. Tout d’abord parce que, pendant la campagne, Monsieur BERNIER a affirmé qu’il entendait bien promouvoir l’intégration des communes de notre canton à la Communauté de Communes Causses et Rivière. Or, une telle entreprise risque se heurter aux réticences légitimes de Maires et de Conseils Municipaux qui ne trouveront pas, dans cette construction forcée et incohérente du point de vue géographique, l’intérêt commun qui devrait prévaloir pour l’amélioration de la vie quotidienne de leurs administrés. Le second sujet d’inquiétude réside dans la double casquette de Monsieur BERNIER. En effet, lorsqu’il s’agira de promouvoir l’installation d’une entreprise ou de toute structure économique potentiellement créatrices d’emplois, on peut légitimement s’interroger sur les choix que fera Monsieur BERNIER qui cumule, à l’heure où j’écris ce billet, le poste de Conseiller Général d’Excideuil et de Responsable économique de la Communauté de Communes Causses et Rivières. Car, bien évidemment, en fonction du territoire qu’il privilégiera, les communes de notre canton risquent d’être les grandes oubliées du volontarisme économique dont faisait état le candidat BERNIER dans sa propagande électorale. Et, dans de telles conditions, le déclin démographique que n’a cessé de dénoncer Jean-Marie RAMBAUD durant la campagne, a peu de chance d’être rapidement enrayé dans notre canton.

Pendant les six ans que durera le mandat de Monsieur BERNIER, nous resterons des observateurs attentifs. Souhaitons seulement que ces années soient productives pour notre canton et pour le bien-être de ses habitants.

Pascal BILLAT

Posté par UMP 24 Excideuil à 23:17 - Canton d'Excideuil - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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